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Le flâneur dans l’espace urbain

“Le flâneur représente également une figure essentielle dans le processus de mise en scène de l’espace urbain. Il peut l’être de deux points de vue : soit comme acteur-utilisateur de l’espace public, soit comme narrateur et interprète de l’espace lui-même. Dans cet article, nous chercherons à définir tout d’abord les caractéristiques du flâneur comme utilisateur de l’espace en termes corporels et intellectuels, en comparaison avec les autres utilisateurs des espaces publics. Nous nous intéressons ensuite aux fonctions du flâneur comme constructeur de sens pour comprendre le rôle qui peut être le sien dans l’élaboration des espaces collectifs.”

Traduction de Clément Rivière

 

embedded fictions in public space

christian barré
visual arts & design

Dans la ville, des individus :


” …Christian Barré est particulièrement connu pourses interventions dans l’espace public. Recourant le plus souvent à des stratégies reliées au système médiatique des communications,son travail fait de la ville son cadre d’observation et d’analyse.
 
Plus particulièrement, sa démarche use des modèles communicationnels pour les pervertir et en faire un moyen d’intervention dans le social et le politique.
 
Privilégiant la fonction sociale de l’art, Barré s’applique ainsi à s’infiltrer dans des univers inconnus impliquant l’intimité, la proximité et la vie privée des individus. Finalement, son objectif est d’assurer dans une certaine mesure l’inscription des gens ordinaires et des laissés-pour-compte dans le tissu social, et de leur offrir une véritable représentation.”
 
Réal Lussier

1998

mute

Dans cette exposition — parce qu’il s’agissait bien d’une présentation en galerie — on pouvait voir une tirelire ergonomique pour mendiant, un lave-vitre pour squeegee montrant une publicité et deux panneaux publicitaires conçus pour un homme-sandwich.”

2000

Carole

“Au cours de l’automne 1999, il visite de porte en porte une cinquantaine de foyers d’un quartier ouvrier situé en périphérie de la ville. Jonglant avec les mots du vendeur, du recenseur et de l’artiste, il invite les gens à se faire photographier chez eux afin de lui permettre de réaliser une série de portraits.”

2001

enjoy !

“Les artistes ont été invités à réaliser un projet spécifique dans le réseau d’affichage de la station de métro Berri-UQAM. En présentant dans ce lieu chargé de publicités des images très équivoques, les artistes créent une interférence qui incite le citadin à se questionner sur ce qu’il voit – ou ne voit plus – chaque jour en prenant le métro”

2001

reflechir par hasard pour un espace public agile

“Christian Barré, pour sa part, s’intéresse à la ville comme espace de communication, constituant par là les fondements d’un interstice relationnel, par l’entremise de dispositifs renvoyant à un espace virtuel de rencontre (Réfléchir par hasard pour un espace public agile).”

Christine Keeler 1963, Lewis Morley (Australian, born 1925)

Dignité

“Dans le cadre de la récente exposition collective Territoires urbains, présentée au Musée d’art contemporain de Montréal en 2006, Christian Barré, suivant sa démarche propre, a choisi de montrer un aspect vivant de ces espaces. Son projet intitulé Dignité / Dignity — titre évocateur s’il en est — regroupe une série de photos grand format où l’on peut voir des femmes (Jessie, Johanne, Marie, Sylvianne) qui vivaient ou avaient vécu l’itinérance. Ces portraits les montraient dans des pauses empruntées aux modèles de magazines de mode. Après les avoir rencontrées, l’artiste a tenté de représenter ces femmes dans un nouvel espace public, cette fois-ci muséal, afin de jeter un regard critique sur certaines conventions et de leur imposer une dimension humaine, a contrario des usages habituels de la publicité du milieu de la mode.”

Sonia Pelletier

Christine Keeler 1963, Lewis Morley (Australian, born 1925)

Method of Composing with Mens Which are Related Only with One Another​

La pratique de l’image se divise en deux processus parallèles qui demeurent distincts, respectant ainsi les spécificités inhérentes à chacun des médiums vidéographique et photographique. Les prises de vue de la vidéographie procèdent par une accumulation de cadrages identiques et par la répétition chaque mois d’une scène, uniquement modifiée par l’alternance des interprètes. Cette étude de mœurs est intuitivement construite autour d’individus disparates, et le fort contraste des personnalités qui fréquentent les refuges dévoile tout un pan du répertoire psychosocial. À l’aide d’un astucieux plan de production et de l’utilisation réfléchie de cadrages rapprochés, je veux réaliser une typologie des lieux de tournage qui évoque fortement l’atmosphère qui s’y trouve. La stratégie du plan rapproché – plan éloigné (push and pull), facilite une présentation de la pluralité de classes sociales et réalités socioculturelles que l’on retrouve communément représentées homogénéisées dans une même marginalité.

Stephane Boudreau

L’oeuvre est composée de trois portraits photographiques affichés sur un camion publicitaire. L’image de Stéphane Boudreau, conducteur de véhicules publicitaires, est installée sur le camion qu’il conduit. Présentée dans le cadre de la Biennale de Montréal et du colloque d’Artexte sur l’espace public, l’oeuvre fut visible le 2 octobre 2004 de 14 h à 22 h dans le centre-ville de Montréal (via la rue Ste-Catherine). Cette réalisation a été rendu possible grâce à la participation d’Artexte, du groupe Corlab et d’Impact Media.

Quarante-Deux

Applause (42 minutes) fut présenté dans le corridor principal du Centre de commerce mondial de Montréal lors de l’événement Art Souterrain 2011. 42 clients de la Old Mission Brewery qui applaudissent pendant une minute droit devant la caméra. Pour accompagner cette rythmique, pour comparer les expériences de l’image à sa lecture, j’ai placé des sous-titres extrait de l’œuvre romantique écrite avant le Capital de Karl Marx.

Estonie

Intervention sur des journaux Russes (gratuit) distribués dans Tallinn. Les journaux ont été gentiment empruntés. Ensuite, nous avons imprimé des phrases extraites des documents de la dernière Monumenta puis nous avons replacer les journaux à leurs places dans les kiosques.

300 journeaux, 5 points de distribution.

Carole Boily

“Au cours de l’automne 1999, il visite de porte en porte une cinquantaine de foyers d’un quartier ouvrier situé en périphérie de la ville. Jonglant avec les mots du vendeur, du recenseur et de l’artiste, il invite les gens à se faire photographier chez eux afin de lui permettre de réaliser une série de portraits.” 

Il engage un dialogue avec Carole Boily. D’un commun accord ils décident d’exposer une période marquante de sa vie sur l’espace public. 

Trilogie Ironique

“Barré interroge également une existence dominée, voire déterminée par l’achat et la consommation. Le titre de l’œuvre fait référence à la chanson Like a Rolling Stone de Bob Dylan, qui relate l’histoire d’une jeune fille méprisante à l’égard de la pauvreté, jusqu’au jour où elle se retrouve elle-même à la rue et devient « une parfaite inconnue », invisible.

Ce propos entre en résonnance avec la crise financière que nous connaissons actuellement et renvoie à la condition d’un nombre croissant de personnes « ordinaires » dont les vies ont basculé ou s’apprêtent à le faire. Le monde entier est en train de réaliser que personne n’est à l’abri. La misère et le malheur sont des réalités que nous côtoyons chaque jour.

Par conséquent, le travail de Barré interroge : comment raisonnablement vivre à travers un rêve à première vue plaisant et rassurant, dont la face cachée est un jeu de séduction malsain n’engendrant qu’envie et frustration ? Idéalement, Christian Barré aimerait disposer d’espaces urbains et étendre la diffusion de son message hors des circuits conventionnels pour que ces questions touchent quotidiennement le plus grand nombre et puissent enfin avoir l’impact escompté.

Mais quelle place la société est-elle prête à laisser à l’art ? “

Emilie Kassentini

Réfléchir par hasard pour un espace public agile

“Parmi l’éventail de ses manœuvres, on retiendra, par exemple, celle intitulée Réfléchir par hasard. Pour un espace public agile (2001), dont le travail de réalisation, qui comporte plusieurs étapes, est le fruit d’une réflexion sur la voiture, non seulement en tant que véhicule qui nous permet de nous déplacer sur un vaste territoire, mais aussi en tant qu’image de marque, bien de consommation et symbole identitaire. Comme pour l’ensemble de ses projets, il faut voir et reconnaître dans ce travail ces qualités chères à l’artiste que sont la mouvance et l’élargissement de la notion d’espace. A l’angle des rues Peel et Sherbrooke, dans l’espace urbain montréalais,
Christian Barré a notamment appliqué des mini-cédéroms aimantés sur quarante-deux Mercedes-Benz. Sur ces cédéroms étaient gravées des images vidéo où l’on retrouve des itinérants qui applaudissent. Sous l’œil de sa caméra, ces der- niers deviennent aussi les seuls spectateurs de l’action. Il s’agit donc, on le voit, d’un projet qui parle de deux solitudes, projet dans lequel se rencontrent la misère et la richesse.
Comme l’affirme l’artiste, «il y’a eu un geste posé entre la vie et l’art,ou du moins de ce qui peut en rester. Ce fut une façon de déployer des médiums technologiques pour rejoindre une réalité hétéroclite, de plus en plus codifiée, scindée, marginalisée par ses différences d’accès aux moyens de production ».”
 
Sonia Pelletier
24 poses
24 applaudissements

Mute

Ainsi, l’homme squeegee, en plus d’avoir une fonction sociale illégale à Montréal, est porteur ici d’une publicité qui lui confère un statut d’objet typiquement urbain. L’homme-sandwich, quant à lui, bien qu’il représente un mode de communication dont l’usage est de moins en moins fréquent, est aussi associé à un contexte d’urbanité. La tirelire pour mendiant se passe évidemment de commentaire à l’égard et de sa fonction et de son contexte d’existence. Il est à noter que les gens ici sont aussi investis comme des objets. L’artiste prétend ainsi, avec raison, « qu’ils gagnent en va leur symbolique pour augmenter le déficit utilitaire de l’objet ». Globalement, le travail de Barré questionne aussi, à partir du milieu de vie urbain, la situation de la légitimation et le partage de cet environnement publie par des voies médiatiques. Avec ces différents éléments mis en relation contradictoire, il crée des situations répondant à un besoin d’intervention et un lieu de débat public

Enjoy !

“Cette intervention atteste de la démarche artistique de Barré en instaurant une plate-forme virtuelle de débat sur la distribution des rôles dans la société etleurs dispositions respectives. Il ne s’agit pas ici de critiquer cette attribution, mais plutôt de l’explorer.Dans sa pratique artistique, Barré détourne lesmodalités d’exposition publicitaire en privilégiant des sujets trop souvent absents de ce même domaine. Il reconfigure les évidences préconçues face aux laissés pour compte, aux plus démunis ou aux personnes en situation de fragilité en leur donnant une tribune socialement et visuellement distinctive qui renverse les rapports habituellement préconçus dans la société.”

Nicolas Rivard

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since 1998

“Christian Barré est un artiste photographe, vidéaste et designer dont l’oeuvre interroge, de propos délibéré, le rapport d’asservissement au discours publicitaire qui caractérise nos comportements culturels, dans le contexte d’un environnement médiatique exploitant l’image à des fins persuasives, manipulatrices, voire abrutissantes. L’enjeu consiste pour lui à se jouer de la perception commune et de sa capacité à distinguer le réel de l’image publicitaire.”

Luc Vaillancourt

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